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L'isthme de Panama, traversé par le canal qui relie l'Atlantique
au Pacifique, offre l'un des plus beaux paysages de l'Amérique
Centrale : la jungle dense du rio Chepo o Bayano où les entomologistes
continuent de faire d'estimables découvertes.
C'est là que la Panaméricaine, la route qui devait
relier, d'un seul trait, l'Alaska à la Terre de Feu, se termine
en cul de sac, à l'est de Panama City, près du rivage
caraïbe. Il manque deux cents kilomètres à la
percée continentale pour rejoindre la Colombie et donner
du prix au symbole… Cette région sauvage, où
toutes sortes de trafics s'accomplissent dans une relative impunité,englobe
la région de San Blas et de Darien.
Elle abrite aussi, dans l'archipel des Mulatas, non loin de la côte
de San Blas, la communauté des 30.000 indiens Kuna.
Ces Indiens remarquablement doués pour le travail des étoffes
se sont établis sur leurs îles pour fuir l'ethnie rivale
des Noamas qui les persécutait dans la forêt colombienne.
Ils vivent sur l'archipel des San Blas, (aujourd'hui rebaptisé
Kuna Yala, le pays des Kuna) depuis plus d'un siècle. Ils
ont bâti leurs huttes, dressé leurs maisons de roseaux
aux toits de palmes sur les îlots minuscules qui parsèment
les lagons de la côte de San Blas.
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| Longtemps,
cet isolement, cet éloignement des terres, fut leur meilleure
défense contre les intrus.
Aujourd'hui, les plages de sable blanc bordées de cocotiers
pourraient susciter la convoitise des tour-operators et des aménageurs
touristiques, mais les Kunas résistent.
Pourtant, personne ne parle encore de faire de ces îlots,
qui s'étendent sur 350 kilomètres, un parc naturel.
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